lundi, octobre 19, 2026
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Santé mentale des jeunes : quand l’intelligence artificielle devient une confidente

Conseils personnels, inquiétudes intimes, besoin d’être écouté : de plus en plus de jeunes utilisent les assistants conversationnels pour parler de ce qu’ils vivent. Une enquête relayée par la CNIL met en lumière des usages qui soulèvent des questions de santé mentale et de protection des données.

L’intelligence artificielle ne sert plus seulement à faire ses devoirs ou à rechercher des informations. Pour une partie des jeunes, elle est aussi devenue un interlocuteur auquel confier des difficultés personnelles. Cette évolution inquiète des spécialistes, qui alertent sur les limites de ces outils lorsqu’ils sont utilisés pour chercher un soutien psychologique.

Des confidences qui dépassent le cadre scolaire

Une enquête réalisée par Ipsos BVA pour le Groupe VYV et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), auprès de 3 800 jeunes de 11 à 25 ans dans quatre pays européens, dont la France, a été publiée en mai 2026. Selon ses résultats, près de neuf jeunes Français sur dix utilisent des outils d’intelligence artificielle conversationnelle. En France, 48 % des répondants disent les utiliser pour aborder des sujets personnels ou intimes, et 33 % les considèrent parfois comme une forme de « psy ». Cette dernière proportion atteint 46 % chez les jeunes répondants souffrant d’anxiété.

La disponibilité permanente de ces outils et l’impression de pouvoir s’exprimer sans être jugé peuvent expliquer une partie de leur attrait. Mais une conversation fluide ne garantit ni un conseil adapté ni une véritable prise en charge.

Une confiance qui peut être trompeuse

L’enquête met également en évidence un décalage entre la confiance accordée aux assistants et la connaissance de leurs limites. Seuls 32 % des jeunes interrogés déclarent savoir ce que deviennent les données qu’ils partagent avec ces outils. Parmi ceux qui ont utilisé une IA pour évoquer des sujets personnels, 34 % disent avoir déjà été mal à l’aise à la suite d’un conseil reçu.

Un chatbot ne remplace pas un psychologue ou un médecin : il ne réalise pas une évaluation clinique et peut produire une réponse inexacte, inadaptée ou insuffisante face à une situation grave.

Informer plutôt qu’ignorer le phénomène

L’enjeu n’est pas de nier les usages ni de considérer automatiquement toute conversation avec une IA comme dangereuse. Il est plutôt d’apprendre aux jeunes à identifier les limites de ces services, à protéger leurs informations personnelles et à solliciter une personne de confiance ou un professionnel lorsqu’ils vont mal. La prévention doit aussi permettre aux parents, aux établissements scolaires et aux professionnels de santé de mieux comprendre ces nouveaux comportements. L’IA peut fournir une réponse immédiate, mais elle ne doit pas devenir l’unique recours face à une souffrance psychologique.

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