Trouver un premier emploi devient un défi pour de nombreux jeunes dans le monde. Alors que les entreprises accélèrent l’adoption de l’intelligence artificielle, une inquiétude grandit : les technologies conçues pour améliorer la productivité pourraient-elles réduire les possibilités offertes aux débutants ? Le sujet dépasse la simple peur des robots. Il concerne l’accès à l’expérience professionnelle, la formation et la manière dont les entreprises prépareront la relève de leurs équipes.
67 millions de jeunes sans emploi

Dans son rapport Tendances mondiales de l’emploi des jeunes 2026, publié le 11 août, l’Organisation internationale du travail (OIT) souligne la progression du chômage des jeunes à l’échelle mondiale. Environ 67 millions de personnes âgées de 15 à 24 ans étaient au chômage en 2025, tandis que le taux de chômage de cette tranche d’âge atteignait 12,4 %. L’organisation relève également que plus de 257 millions de jeunes n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation. L’OIT met en avant plusieurs facteurs : une croissance économique insuffisante, un rythme de création d’emplois trop faible et des obstacles persistants à l’entrée sur le marché du travail. L’intelligence artificielle ajoute une incertitude à cette situation déjà fragile.
Les postes de débutants dans le viseur ?
Les outils d’IA générative peuvent désormais produire des textes, résumer des documents, analyser des données ou assister certaines opérations administratives. Des tâches qui constituaient autrefois une première expérience professionnelle peuvent ainsi être partiellement automatisées. Pour les jeunes diplômés, le risque est double : voir certains postes évoluer ou disparaître, mais aussi trouver moins d’occasions d’acquérir les compétences pratiques qui permettent de progresser vers des fonctions plus qualifiées.
Il faut néanmoins rester prudent : l’IA ne condamne pas mécaniquement toute une génération au chômage. Ses effets varient selon les métiers, les secteurs et la manière dont les entreprises choisissent de l’utiliser. Certaines activités seront transformées, d’autres resteront difficiles à automatiser et de nouveaux besoins pourront apparaître.
Former autrement pour éviter une génération sacrifiée

Pour répondre à ces mutations, les établissements de formation et les employeurs doivent rapprocher les compétences enseignées des besoins réels du marché. Cela suppose de développer les compétences numériques, mais aussi l’esprit critique, la résolution de problèmes, la communication et la capacité à travailler avec des outils automatisés. Les stages, l’apprentissage et les parcours permettant d’acquérir une première expérience restent également déterminants. L’enjeu est de ne pas réserver les bénéfices de l’IA aux salariés déjà expérimentés.
Les entreprises qui automatisent leurs tâches devraient aussi réfléchir à la manière de continuer à former les débutants. Car une économie qui recrute moins de jeunes aujourd’hui risque de manquer de professionnels expérimentés demain. Le véritable défi n’est pas seulement de préparer les jeunes aux métiers de demain, mais de leur permettre d’y accéder.
