jeudi, septembre 10, 2026
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Droit du sol : le désaccord entre Retailleau et Philippe révèle une nouvelle fracture à droite

La question de la nationalité française s’impose une nouvelle fois au cœur du débat politique. Alors qu’Édouard Philippe défend une évolution des règles d’accès à la nationalité, Bruno Retailleau va nettement plus loin : le président des Républicains veut, lui, supprimer le droit du sol en France.

Le sujet n’est pas nouveau, mais il prend une importance particulière à l’approche de la présidentielle de 2027. Bruno Retailleau avait déjà annoncé en juillet son intention de mettre fin au droit du sol s’il était élu président. Il souhaite notamment passer par une révision de la Constitution, puis par un référendum.

Deux visions différentes à droite

Édouard Philippe défend de son côté une ligne plus restrictive sur l’immigration et la nationalité, notamment à Mayotte. Lors de son déplacement dans l’archipel en août, le candidat d’Horizons avait proposé de suspendre pendant cinq ans les demandes d’asile et le regroupement familial à Mayotte et de remettre en cause davantage le droit du sol sur le territoire.

Mais Bruno Retailleau considère qu’il faut aller beaucoup plus loin à l’échelle nationale.

Pour le patron de LR, la nationalité doit davantage reposer sur l’assimilation et la volonté de devenir français. Son projet prévoit donc une remise en cause du principe selon lequel certains enfants nés en France de parents étrangers peuvent acquérir la nationalité française sous certaines conditions.

Le droit du sol n’est pas une nationalité automatique à la naissance

C’est un point important dans un débat souvent résumé en quelques mots.

En France, naître sur le territoire ne signifie pas automatiquement devenir français dès la naissance dans le cas général. Un enfant né en France de deux parents étrangers peut notamment acquérir la nationalité à sa majorité sous certaines conditions de résidence. Il existe également des mécanismes permettant une acquisition avant 18 ans.

La suppression défendue par Bruno Retailleau modifierait donc concrètement la trajectoire de certains jeunes nés et ayant grandi en France, mais qui n’ont pas de parent français.

Une réforme qui ne pourrait pas se faire du jour au lendemain

Autre élément à garder en tête : il ne suffit pas qu’un candidat à la présidentielle annonce vouloir supprimer le droit du sol pour que celui-ci disparaisse.

Une réforme aussi importante devrait franchir plusieurs étapes juridiques et politiques. Bruno Retailleau envisage notamment une modification de la Constitution afin de pouvoir soumettre cette question au référendum.

Le débat dépasse donc largement l’opposition entre deux responsables de droite. Il porte sur une question très concrète : qu’est-ce qui doit permettre de devenir français lorsqu’on est né et qu’on a grandi en France ?

À quelques mois de la présidentielle, cette question devrait continuer à diviser la droite et, plus largement, l’ensemble de la classe politique.

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