Avant de devenir le principal accusé dans le dossier de la rue d’Enghien, William Malet avait déjà été condamné pour une attaque visant des personnes migrantes. Cinq ans après les faits, le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce lundi 14 septembre 2026 cet homme de 73 ans à sept ans d’emprisonnement pour l’agression commise au sabre contre un campement d’exilés installé au parc de Bercy, à Paris.
Les faits remontent au 8 décembre 2021. Armé d’un sabre, William Malet s’était rendu dans ce campement où vivaient notamment des personnes ayant fui des pays en guerre. Deux hommes avaient été grièvement blessés lors de l’attaque. Le dossier était jugé sous la qualification de violences avec arme commises en raison de la race.
« Je voulais les terroriser »
À l’audience, le prévenu n’a pas totalement dissimulé son hostilité envers les personnes étrangères. Selon les éléments rapportés lors du procès, il a notamment déclaré : « Ils n’ont qu’à rester chez eux. Moi, je suis resté chez moi. » Il a également expliqué qu’il voulait « terroriser » les occupants du campement.
Ces déclarations donnent un éclairage particulier à une affaire qui, prise isolément, aurait pu rester un dossier de violences. Elles s’inscrivent dans un parcours marqué par une hostilité assumée envers les étrangers et par une succession d’actes violents.
Une affaire qui précède la tuerie de 2022
Le nom de William Malet est surtout associé à l’attaque de la rue d’Enghien, à Paris, le 23 décembre 2022. Ce jour-là, trois personnes de la communauté kurde ont été tuées et trois autres blessées dans un centre culturel et ses environs.
Cette affaire fera l’objet d’un second procès, devant la cour d’assises de Paris, du 23 février au 8 mars 2027. Les juges d’instruction ont ordonné son renvoi pour assassinats et tentatives d’assassinats commis en raison de l’origine, de l’ethnie ou de la religion des victimes. La qualification terroriste n’a pas été retenue.
La condamnation prononcée ce lundi ne préjuge donc pas de l’issue de ce futur procès.
Une affaire qui interroge la protection des plus vulnérables
Le dossier de Bercy rappelle aussi la fragilité des personnes vivant dans des campements informels. Des personnes déjà confrontées à l’exil, à la précarité et à l’incertitude se sont retrouvées directement exposées à une attaque violente.
Avec cette condamnation à sept ans de prison, la justice vient de trancher le premier volet judiciaire de cette trajectoire. Un autre procès, autrement plus lourd, attend désormais William Malet en 2027.
