Le prix du carburant reste à un niveau particulièrement élevé en France. Ce jeudi 24 septembre, le gazole s’affiche en moyenne à 2,404 euros le litre, tandis que le SP95-E10 atteint 2,167 euros, selon les dernières données issues des stations-service. Après plusieurs semaines de flambée, les tarifs reculent légèrement, mais restent très supérieurs à ceux observés avant l’aggravation de la crise au Moyen-Orient.
Pour un automobiliste qui parcourt plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour, cette hausse finit directement par se ressentir sur le budget mensuel.
Pourquoi les prix ont-ils autant augmenté ?
La principale explication se trouve sur les marchés pétroliers. Le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz ont fortement perturbé les échanges d’hydrocarbures. Avant la crise, environ un cinquième de l’offre mondiale de pétrole transitait par ce passage stratégique.
À cela s’ajoutent les perturbations touchant certaines capacités de production et de raffinage au Moyen-Orient, mais aussi en Russie et en Ukraine. Cette combinaison entretient la pression sur les prix du pétrole et des produits raffinés.
Une facture particulièrement lourde pour ceux qui travaillent en voiture
Tous les automobilistes ne sont pas exposés de la même manière. Pour un salarié qui habite à proximité de son lieu de travail, quelques centimes supplémentaires par litre peuvent rester relativement limités. Pour un « grand rouleur », en revanche, la situation est différente.
C’est notamment le cas des habitants des zones rurales ou périurbaines, des aides à domicile, des infirmiers libéraux, des artisans ou encore de certains professionnels du bâtiment, pour lesquels la voiture constitue souvent un outil de travail ou un moyen difficilement remplaçable de se déplacer.
L’Insee estime par ailleurs que le pouvoir d’achat du revenu disponible brut par ménage pourrait reculer de 0,4 % en 2026, dans un contexte où les prix de l’énergie progressent fortement.
Le gouvernement élargit les aides
Face à cette situation, l’exécutif a annoncé le renouvellement et l’élargissement du dispositif destiné aux « grands rouleurs ».
À partir d’octobre, l’aide atteindra 100 euros pour trois mois, soit l’équivalent annoncé de 40 centimes par litre sur la consommation de référence. Le nombre potentiel de bénéficiaires passe de 3 à 5,5 millions de personnes, sous certaines conditions de revenus et de déplacement domicile-travail.
Le plafond d’exonération de la prime carburant pouvant être versée par un employeur est également porté exceptionnellement à 1 000 euros par an jusqu’à la fin de 2026.
Peut-on réellement faire baisser sa facture ?
À court terme, la marge de manœuvre des automobilistes reste limitée, mais plusieurs réflexes peuvent réduire la dépense : comparer les tarifs des stations avant de faire le plein, éviter les détours uniquement pour quelques centimes d’écart, adapter sa conduite et, lorsque cela est possible, privilégier le covoiturage ou les transports collectifs.
Le gouvernement dispose également d’un outil officiel permettant de consulter les prix déclarés par les stations-service.
Car derrière la flambée du prix affiché à la pompe se joue désormais une question très concrète : combien un ménage doit-il consacrer chaque mois pour simplement pouvoir aller travailler, faire ses courses ou accompagner ses proches ?
