La journée de mobilisation du jeudi 5 novembre a confirmé l’ampleur de la colère sociale en France. Salariés, étudiants, lycéens et militants ont répondu à l’appel intersyndical pour réclamer de meilleurs salaires, défendre les services publics et dénoncer la vie chère. Mais les chiffres illustrent une nouvelle fois le fossé entre les organisations syndicales et les autorités. La CGT revendique 1,573 million de manifestants, dont 350 000 à Paris. Le ministère de l’Intérieur en a comptabilisé 575 000, dont 65 000 dans la capitale, répartis dans 193 actions sur la voie publique. Il s’agit, selon les deux décomptes, de la plus importante journée de mobilisation de cet automne.
Des incidents malgré des cortèges globalement encadrés
Si la majorité des défilés se sont déroulés dans des conditions relativement maîtrisées, plusieurs villes ont connu des affrontements et des dégradations. À Lyon, la préfecture a recensé 40 blessés, dont 34 membres des forces de l’ordre et six manifestants. À l’échelle nationale, le ministère faisait état, à 18 heures, de 448 interpellations, 53 membres des forces de l’ordre blessés et 86 interventions pour incendie. Ce bilan était encore provisoire.Près de Toulouse, le lycée Françoise, à Tournefeuille, a également été pris pour cible par une trentaine d’individus cagoulés. Un incendie et d’importantes dégradations ont été constatés dans l’établissement.

Lecornu tente de reprendre la main
Face à cette mobilisation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une conférence sociale à Matignon, lundi 9 novembre, avec les organisations syndicales et patronales. Objectif : apporter des réponses aux revendications sur les salaires et le pouvoir d’achat. Cette réunion pourrait ouvrir une nouvelle séquence de dialogue. Mais les syndicats attendent des mesures concrètes et préviennent que la mobilisation ne s’arrêtera pas sur de simples promesses.
