À quelques semaines de la primaire de la gauche pour la présidentielle de 2027, les échanges entre Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann prennent un tour personnel. Après avoir qualifié son concurrent de « stagiaire », l’ancienne ministre a été rappelée à l’ordre par la commission d’organisation, qui lui demande de respecter la charte commune des candidats.
« Un stagiaire à la tête d’une entreprise » : la pique de Ségolène Royal
La polémique a éclaté après une interview accordée par Ségolène Royal à Libération, publiée le dimanche 20 septembre.
Candidate à la primaire, l’ancienne ministre y met en cause l’expérience de Raphaël Glucksmann, député européen et coprésident de Place publique. Selon elle, diriger la France exige d’avoir exercé des responsabilités et obtenu des résultats concrets.
Pour illustrer son propos, elle compare l’éventuelle élection de son rival à la nomination d’« un stagiaire à la tête d’une entreprise », estimant qu’une telle situation serait dangereuse.
Ségolène Royal oppose ainsi son parcours d’ancienne ministre, députée et présidente de région à celui de l’eurodéputé.
Glucksmann réplique, la commission intervient
Raphaël Glucksmann n’a pas tardé à répondre. Lundi 21 septembre, sur Franceinfo, il a notamment reproché à Ségolène Royal d’avoir « quémandé des postes » pendant des décennies, faisant référence à son parcours politique et à ses anciennes fonctions.
L’échange a rapidement dépassé le simple désaccord sur les compétences nécessaires pour gouverner.
Le même jour, Patrick Mennucci, président de la commission d’organisation de la primaire, a publié un rappel à l’ordre. Il a souligné que Ségolène Royal avait signé une charte imposant un comportement éthique et interdisant les attaques personnelles.
La commission a également rappelé que le débat entre candidats à une primaire ne devait pas être confondu avec une confrontation contre leurs adversaires politiques : le vainqueur devra pouvoir compter sur le rassemblement des participants.
Une primaire traversée par des divergences politiques
Derrière cette querelle se dessinent des désaccords sur l’orientation de la gauche pour 2027.
Ségolène Royal défend une stratégie d’union avec les écologistes et les communistes, tout en excluant un rapprochement avec le centre ou un ralliement à La France insoumise.
Raphaël Glucksmann, de son côté, s’inscrit dans une démarche social-démocrate portée par Place publique et le Parti socialiste. Les deux candidats ne défendent donc pas la même conception des alliances à construire.
La primaire doit réunir cinq candidats, dont Olivier Faure, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, en plus de Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann. Le premier tour est prévu les 9 et 10 octobre, avec un éventuel second tour les 16 et 17 octobre 2026.
À mesure que l’échéance approche, l’enjeu sera autant de départager les projets que de préserver les conditions d’un rassemblement après le scrutin.
