
Qui aurait imaginé voir Charles de Gaulle jouer des coudes avec les super-héros de Marvel et les grandes figures de la mythologie grecque ? C’est pourtant l’étonnant phénomène de l’été dans les salles françaises. Avec plus de cinq millions d’entrées, La Bataille de Gaulle, le diptyque d’Antonin Baudry, s’est imposé comme l’un des grands succès de l’année.
Et surtout, le film semble avoir réussi là où beaucoup de productions historiques échouent : intéresser les jeunes. Pourquoi cette génération, habituée à TikTok, aux super-héros et aux grosses productions américaines, s’est-elle prise de passion pour un général disparu en 1970 ?
Mais il y a aussi le personnage lui-même. Interprété par Simon Abkarian, de Gaulle apparaît comme un homme déterminé, parfois drôle, souvent solitaire et surtout profondément convaincu de sa mission. Loin de l’image figée du « grand homme » que les élèves découvrent dans les manuels scolaires, le film montre un homme confronté au doute, aux échecs et à une montagne d’obstacles.
La réponse tient d’abord au spectacle. Avec ses scènes de bataille, ses effets visuels et son rythme de thriller, La Bataille de Gaulle ne ressemble pas à un cours d’histoire filmé. Le réalisateur raconte un homme plongé dans le chaos de juin 1940, lorsqu’il refuse l’armistice et part à Londres pour tenter de poursuivre le combat.
C’est précisément ce qui a retenu l’attention du Spectator. L’hebdomadaire britannique estime que de Gaulle possède quelque chose de rare aujourd’hui : une personnalité indépendante, une vision et une volonté de défendre ce qu’il considère comme l’intérêt général.
Le succès doit également beaucoup au bouche-à-oreille. Le premier volet avait démarré de manière assez prudente avant de trouver progressivement son public. Le phénomène s’est ensuite amplifié jusqu’à franchir les 5 millions de spectateurs.
De Gaulle n’avait pourtant rien d’un héros de blockbuster. Mais au cinéma, il vient de prouver qu’une grande page d’Histoire peut encore devenir un véritable spectacle populaire.
