Deux jours après une mobilisation d’ampleur exceptionnelle, Rennes s’apprête à vivre un nouveau samedi sous tension. Un rassemblement est annoncé à 14 heures, place de Bretagne, à l’appel notamment d’organisations étudiantes. Mais la préfecture a pris un arrêté interdisant toute manifestation dans une partie du centre-ville. Le risque de nouveaux débordements est au cœur des préoccupations. Jeudi 5 novembre, la capitale bretonne avait connu l’une de ses plus importantes journées de mobilisation depuis le début du mouvement social. Les estimations divergeaient fortement : 32 000 participants selon Ouest-France, 35 000 selon les syndicats et 20 600 selon la préfecture. Si une grande partie du rassemblement s’était déroulée dans le cadre prévu, la journée avait également été marquée par des dégradations et des affrontements.
Un appel étudiant malgré l’interdiction préfectorale
Pour ce samedi 7 novembre, de nouveaux appels circulent sur les réseaux sociaux. L’organisation étudiante Union Pirate Rennes relaie notamment une invitation à une manifestation étudiante et intersyndicale, avec un rendez-vous annoncé à 14 heures, place de Bretagne. Mais la préfecture d’Ille-et-Vilaine a décidé de durcir le dispositif. Dans un communiqué publié vendredi 6 novembre, elle indique que les appels au rassemblement n’ont fait l’objet d’aucune déclaration préalable et qu’ils ne peuvent donc pas être encadrés par des organisateurs responsables. En conséquence, toute manifestation est interdite ce samedi dans un périmètre du centre-ville compris entre la rue de l’Hôtel-Dieu et le boulevard de la Liberté. La préfecture justifie cette décision par les dégradations et les violences constatées lors de la mobilisation du 5 novembre.

Une journée sous haute surveillance
Rennes n’est pas la seule ville concernée par ces restrictions. À l’échelle nationale, le ministère de l’Intérieur a annoncé le maintien d’un important dispositif de sécurité pour cette nouvelle journée de mobilisation. Environ 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés sur l’ensemble du territoire. La question reste désormais de savoir si les appels diffusés sur les réseaux sociaux seront suivis et si les participants respecteront les interdictions en vigueur. Après les incidents de jeudi, les autorités veulent éviter une nouvelle journée de dégradations.
Une chose est certaine : le rassemblement annoncé à Rennes ne bénéficie pas d’une autorisation préfectorale dans le périmètre interdit. L’ampleur de la mobilisation et son déroulement dépendront donc largement de la participation et de l’évolution de la situation sur le terrain.
